Cette cicatrice est apparue lorsque j’avais 8 ans. J’étais en CM1 et je voyais régulièrement ma cardiologue depuis l’âge de 2 ans, lorsqu’on m’a diagnostiqué un syndrome de Marfan.
Et un jour, elle a parlé d’opération.
À l’époque, évidemment, c’est ma mère qui gérait tout. Je ne me souviens pas vraiment de ce qui s’est dit. Simplement que, peu de temps avant, j’avais fait mon premier Holter de 24 h : une petite boîte reliée à des électrodes placées à différents endroits sur ma poitrine, qui enregistrait mon cœur.
Ensuite, j’ai rencontré une cardiologue et un chirurgien à l’hôpital Jacques-Cartier, à Massy.
Je ne garde pas beaucoup de souvenirs de cette période, si ce n’est que j’étais une gamine effondrée d’être seule à l’hôpital et que j’ai eu le droit à une peluche, un lapin bleu que j’ai appelé « Maman ».
J’ai beaucoup pleuré. Ça, je m’en souviens très bien.
Puis, après deux ou trois semaines, je suis retournée à l’école.
Affaire classée.

Puis, vers mes 16 ans, après avoir porté des corsets, enchaîné les rendez-vous et passé des radiographies à n’en plus finir pour mon dos qui était totalement tordu, on a parlé d’une seconde opération du cœur.
Cette fois, pas pour corriger une anomalie, mais pour « consolider » mon aorte, afin qu’elle ne lâche pas lorsque je devrais subir une traction avec un halo…
Bref, ça, c’est une autre histoire.

En grandissant, j’ai commencé à essayer de cacher cette infâme cicatrice.
Aujourd’hui encore, lorsque je prends un selfie, je fais tout pour qu’elle ne se remarque pas : collier, filtre, cadrage…
Et là où certains ne verraient qu’un décolleté, moi, je ne vois que cette trace dégueulasse sur ma peau.
Certains me diront peut-être : « Évite juste de mettre des décolletés ! »
Merci Sherlock.
Le problème, c’est qu’elle se situe si haut sur mon sternum que même avec un simple débardeur, j’ai l’impression qu’on ne remarque qu’elle.

Autoportrait montrant ma cicatrice au niveau du sternum, que je souhaite faire recouvrir par un tatouage.

Cette cicatrice m’accompagne depuis l’enfance. Aujourd’hui, j’ai décidé de la faire recouvrir par un tatouage que j’aurai, lui, choisi.

Je sais que certains pensent qu’« une cicatrice, il faut en être fière, parce qu’elle montre que tu as survécu ».
Je ne partage pas cette idée.
Je n’ai pas honte de mon histoire. Je n’aime simplement pas la cicatrice qu’elle a laissée sur mon corps.
Et puis, j’ai survécu à bien d’autres choses qui, elles, n’ont laissé aucune cicatrice visible sur ma peau.
Alors, quitte à avoir quelque chose à cet endroit, je préfère largement que ce soit quelque chose que j’ai choisi : un tatouage.

Après avoir longuement réfléchi, j’ai donc décidé de faire recouvrir cette cicatrice par une fleur de lys, réalisée par la très talentueuse Sally, chez Remy Tattoo à Étampes (91).

Pourquoi une fleur de lys ?

Eh bien… parce que je trouve ça joli.
Voilà.
Pas de grande symbolique cachée ni de signification profonde. Je voulais simplement quelque chose que j’aurais plaisir à regarder à la place de cette cicatrice.
Parce qu’au fond, c’est surtout ça, le but de ce projet.
Aujourd’hui, quand je regarde mon décolleté, mes yeux sont immédiatement attirés par cette cicatrice. J’aimerais qu’un jour, devant mon miroir, mon premier réflexe ne soit plus de chercher comment la cacher, mais simplement de me dire : « Putain, qu’est-ce qu’il est beau, ce tatouage ! »

Évidemment, un projet comme celui-ci a un coût.
J’ai donc ouvert une petite cagnotte pour m’aider à financer ce recouvrement. Je ne voulais pas simplement demander de l’argent sans rien proposer en retour : selon les participations, j’ai imaginé différentes contreparties autour de mes livres et de mes créations. Et si vous souhaitez autre chose que ce qui est proposé dans les contreparties, n’hésitez pas à me contacter : je me ferai un véritable plaisir à vous faire un magnifique colis.

Et je tiens aussi à préciser quelque chose : personne n’a à se sentir obligé de participer.

Si vous avez envie et la possibilité de mettre quelques euros dans ce projet, ils seront accueillis avec énormément de gratitude. Si vous ne pouvez pas, un simple partage de cet article ou de ma cagnotte peut déjà énormément m’aider.

Grâce aux premières personnes qui ont participé (et que je ne remercierai jamais assez) une belle partie du chemin a déjà été parcourue et mon rendez-vous est désormais fixé au 21 octobre.

Dans quelques jours, cette cicatrice qui m’accompagne depuis l’enfance sera toujours là.
Mais, pour la première fois, ce que je verrai sur ma peau par-dessus elle, je l’aurai choisi.

❤️ Si vous souhaitez participer à ce projet ou découvrir les contreparties, vous pouvez retrouver ma cagnotte juste ici :

👉 https://www.onparticipe.fr/c/ZpcLBPBI

Et que vous participiez, partagiez simplement mon histoire ou soyez arrivé jusqu’au bout de cet article : merci de m’avoir lue.